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 Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]

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Cordéline Embreis

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MessageSujet: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Mer 19 Juin 2013, 17:07


    Le soleil se lèvait sur Sunna, la plupart des gens commencent leurs activités. Pour ma part, j'étais déjà debout et j’observais le levé du soleil du haut d’un arbre, bien à l’écart du village. Pour ne pas changer, je séchais les cours, ne craignant pas l’autorité parentale depuis ma plus tendre enfance, pas plus que celle de mon unique frère. " Que va-t-on faire de Cleirwy? " C’était la phrase que j’entendais le plus avec " quand vas-tu cesser de t’amuser ! ". Il valait mieux pour moi, dans ces cas-là, de ne pas trop rouspéter et m’effacer discrètement. En réalité, cela aggravait plus mes ennuis qu’autre chose. Enfin qu’importe, pourvu que j’ai quelques heures de liberté. Sachant que de toutes façons je me ferais grondée à mon retour, je quittais l’arbre. La vue fabuleuse que j’avais eu m’avait largement réjouie. C’est joyeuse et reconnaissante que je prenais ma route.

    Au contact du sol, je me souvenais que je pouvais être d’une maladresse. . . quasiment parfaite. En voulant me précipiter, j’en avais oublié mes sandales. La rugosité du sol n’arrangerait pas l’état de mes pieds, déjà abîmés à force de me passer de ces accessoire pourtant indispensable. J’entendais dans mon esprit ma mère me traitant de sauvageonne et tout ce qui pouvait s’ensuivre. Ne pouvait-elle pas me laisser respirer quelques instants ! Sans compter que j’allongeais la liste des choses à ne pas faire en séchant les cours de mon nouveau professeur en magie.

    A force d’avancer, je ne voyais plus le village en me retournant. Je soufflais de soulagement, comme si de ne pas le voir faisait disparaître mes fautes. En revanche, j’apercevais la rive du premier lac. J’avais marché durant trois bonnes heures. La beauté du paysage compensait ma douleur, toutefois cela ne me ferait pas de mal de me reposer. En face, une petite famille de canards se donnaient aux joies de la baignades. Redressant le bas de ma robe verte, je m’assis au bord de l’eau et y fit tremper mes pieds. Satisfaite de sa fraîcheur, je soupirai d’aise, un sourire de béatitude aux lèvres. Je m’allongeai ensuite, les bras soutenant ma tête, laissant mes pieds où ils étaient. C’est donc la tête retournée que je vis arriver un homme. Corrigeant ma posture trop décontractée je me rassis normalement, comme si de rien n’était. Cela ne pouvait être qu’un voyageur quelque peu assoiffé. Cela se pouvait qu’il n’était pas du village. De belles pensées pour me rassurer, afin d’éviter la perspective que je me fasse tirer les oreilles. Sauf si je m’enfuyais avant.
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Merlin d'Avaliron

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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Jeu 20 Juin 2013, 09:43

Il était arrivé il y a peu dans ce petit village qui se trouvait sur les terres dites de Sunna. Longtemps, il avait erré sur ces terres sans avoir de domicile fixe. Aujourd'hui, il pensait que cela devait cesser, alors, il l'avait cherché : la gardienne du grand lac. Cela ne devait pas être sa première vie, aussi Merlin n'avait pas eu à trop chercher pour la trouver en ces lieux, encore trop proche des eaux pour s'en séparer complètement. Pas sa première vie donc, mais sûrement pas la dernière non plus.

Il avait du attendre un peu avant de pouvoir l'approcher et finalement, l'occasion c'était présentée : Son professeur de magie exténué par l'enfant qu'elle était encore avait pris ces cliques et ces claques et était parti à la recherche d'un élève moins turbulent. La place libérée était revenue à Merlin, étrangement seul à se présenter comme prochain tuteur de l'enfant.

Aujourd'hui, ils avaient rendez vous dans l'un des nombreux salons de la riche famille à laquelle elle appartenait dans cette vie. Comme il s'y attendait, elle n'arriva pas aussi décida-t-il de tricher un peu. Il avait remarqué qu'elle avait l'habitude d'aller se promener dans les environs de la ville, notamment au niveau des trois lacs. Ce lieu emplit de magie et de quiétude l'attirait souvent dans ces longues promenades solitaires. Merlin, assit en tailleur sur son tabouret, prit possession d'un corbeau qui survolait la zone en cet instant. La vue de l'homme se superposant sur celle de l'animal, il finit par repérer l'enfant qui courait dans les rochers vers le premier des lacs.

Merlin sourit et laissa son esprit se décrocher de l'animal pour venir s'asseoir sur un gros rocher, non loin de la fille qui avait plongé ses pieds nus dans l'eau fraîche du lac. Peu à peu, son corps disparut du tabouret et du salon luxueux pour se matérialiser, assit négligemment sur le gros rocher près du lac.

Son élève ne le regardait pas. Un homme qui paraissait fatigué par sa marche, se dirigeait vers eux d'un pas régulier. Merlin ne savait pas qui cela pouvait bien être, mais ce n'était pas le plus important. Il avait mis la main sur son élève et c'était largement suffisant. Pour se signaler, il fit ricocher un caillou plat à la surface du lac. Le bruit ne tarderait sans doute pas à alerter la demoiselle.

Elle se trouvait un peu plus loin sur sa droite, dans une posture qui indiquait qu'elle se tenait sur le qui-vive. Ses longues jambes semblait tremblait dans le reflet de l'eau et lui donnait l'allure d'une biche apeurée. Si Merlin avait l'apparence d'un homme mûr bien que séduisant, Cleirwy avait la beauté et la fraîcheur d'une enfant naïve et douce. Ses longs cheveux d'or et ses grands yeux bleus lui donnaient un allure altière et mignonne à la fois. Une poupée de porcelaine que le moindre contact aurait pu briser, en apparence du moins.
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Cordéline Embreis

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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Jeu 20 Juin 2013, 11:57


    L’homme qui arrivait devait bien avoir 25ans, une différence peu suffisante pour que je n’aie jamais eu à le rencontrer ; j’avais tout juste 22ans. Le problème n’était pas qu’il me connaisse moi, mais plutôt mon grand frère. Fuir était désormais inenvisageable. Me pinçant la lèvre inférieure, je redoutais le moment des excuses foireuses à venir. J’étais très douée pour m’éclipser, mais alors très très douée. Par contre, trouver des excuses plausibles n’était pas dans mes meilleures compétences, et cela relevait de l’exploit que d’affronter la honte de mon comportement, même auprès d’un ami de mon frère. Il mit sa main en visière, relevant au passage ses boucles brunes. Son autre main était occupée par un arc, il était prêt pour une partie de chasse. Me reconnaissant, un sourire moqueur élargit ses lèvres. En réponse, je lui tirai la langue en fronçant les sourcils. Reprenant son souffle, il me héla :

    « Salut blondinette ! T’as encore mis en plan ton prof ? »

    Je roulais des yeux, émettant un grognement mécontent. Je vis un corbeau voler près de moi, il paraissait m’observer bien que je ne m’y attardai pas, son regard me semblant trop inquisiteur à mon goût. Je me faisais bien embêter par mon interlocuteur, si en plus j’avais l’impression que les volatiles s’y mettaient je n’en sortirais jamais !

    « Quand t’auras finit de traîner toi aussi, tu repasseras me faire la leçon. »

    Sauf qu’en réalité il ne traînait pas, je le savais. Il allait répartir sur mes propos lorsque, soudainement, il détourna la tête. Quelque chose avait attiré son attention, car maintenant il tournait son corps pour se diriger vers la provenance de cette diversion. L’espace d’un instant, je fus si fâchée de savoir qu’il s’en prendrait à une pauvre bête. Mes mains se rfermèrent dans l’herbe, mes dents se resserrèrent sur elles-même, quand à mon regard il devint soudainement noire. Lentement, ma colère se mua en une vengeance mutine, dessinant sur mes lèvres un sourire aimable, mais conservant mon regard sombre. L’une de mes mains se glissa dans l’eau qui, à son touché, se souleva en même temps que je la retirai. Le liquide formait diverses formes abstraites sous ma paume, se condensant de plus en plus jusqu’à avoir la taille d’une tête. J’allais la lui lancer lorsque ma concentration fut réduite à néant par le bruit d’un ricochet, dispersant des ondes mais aussi du bruit. Ma boule d’eau éclata, retombant d’où elle était venue.

    Je me tournai afin de voir qui était l’auteur de ce dérangement, tandis que ma cible s’en allait sans dire au revoir. Je m’attendais à tout sauf à ça. Un homme d’apparence quelque peu distinguée se tenait pourtant de manière décontractée non loin de moi, tranquillement assis sur un rocher. Sur le coup, je haïssais sa sérénité, le prenant comme une raillerie à mon encontre. Je m’écartai vivement pour mieux l’observer, à présent accroupie et prête à agir. Quelque chose de noble émanait de son être, sûrement de ses yeux d’un vert perçant qui me mirent mal à l’aise. Mon air fâché fut vite changé en confusion en les croisant. Bien que je gardais les sourcils froncés par fierté, je baissais mon regard pour m’attarder sur. . . sur rien pour dire vrai. Toujours accroupie, je partais de cette position pour me lever et me détourner, croisant les bras. Ce parfait inconnu devait bien faire chanter les minettes de mon âge et recevoir bien des compliments provenant de la gente féminine.

    Déjà sur l’offensive, je sentais néanmoins un calme singulier. Je préférais croire que cela venait des trois lacs, ce qui n’était pas faux car j’étais toujours à l’aise en venant ici, consciente d’une fusion particulière entre eux et moi. Je desserrais les lèvres, tournant légèrement la tête sans pour autant lui faire face.

    « Que cherchez vous ? »
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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Lun 24 Juin 2013, 15:52

L'homme qui venait d'arriver était a priori ami avec mon élève en fuite, puisqu'ils discutèrent quelques instants faisant mention de plusieurs choses et notamment de moi. Elle ne laissa pas marcher sur les pieds et lui renvoya une cinglante réplique qui le mit en fuite la queue entre les jambes si je puis me permettre de m'exprimer ainsi.

Quelque chose dans son attitude avait mis en colère mon élève et j'assistais pour la première fois à sa manipulation de magie. Une boule d'eau de taille plus que convenable se forma entre ses doigts fins. Elle allait la lancer sur son camarade lorsque mon caillou ricocha à la surface de l'eau. Elle perdit aussitôt toute sa concentration dans un tonitruant "splotch !"laissant l'eau s'échapper de ses mains et se répandre sur le sol et ses pieds. 

Elle se tourna vivement vers moi et son regard devint ténèbres lorsqu'elle s'aperçut que je l'observais. Elle recula vivement et toujours dans une position défensive m'observa sans gène, me dévisageant. Elle dû se sentir intimidée par quelque chose que je n'arrivais à saisir car soudain, elle se détourna et offrit son dos et  la cambrure de ses reins à mon regard. Je m'en détournais bien que je saisissent les courbes parfaites et jeunes de son corps. 

De manière plus ou moins fluide, je me dressais sur mes jambes et fit quelques pas dans sa direction. Je m'arrêtais aussitôt lorsqu'elle tourna son visage vers moi, m'offrant moins d'un profil, mais plus qu'un cuir chevelu. Ses lèvres finirent par s'ouvrir et d'un ton encore boudeur, elle demanda :

« Que cherchez vous ? »

Je sourie. Elle était imprévisible et encore tellement pleine d'enfance. Gare à moi cependant si je la sous-estimais. Je sentais que je n'avais pas le droit à l'erreur et qu'à la moindre parole en l'air, elle s'enfuirai sans demander son reste. Je devrais alors passer encore de longues heures à lui courir après et je n'étais pas sûr qu'elle accepterais alors de me laisser lui enseigner quoi que ce soit.
La fière Atalante aurait sûrement trouvé une sœur en cette jeune femme... songé-je un instant.

Je n'avançais donc plus d'un pas et me contentais de répondre de la voix la plus basse et douce que je me connaissais :

"Mon élève."

Un silence et j'ajoutais dans un demi-sourire même si le doute n'était pas permis :

"Vous."
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Cordéline Embreis

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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Lun 24 Juin 2013, 19:42

A y réfléchir, je n’aurais pas du choisir cette position, mais je préférais cela plutôt que d’affronter son regard. Pour une raison étrange, j’appréciais ses yeux verts autant que je les détestais, de cette teinte là précisément. Faisant difficilement la part des choses, j’avais la capacité de tout mélanger sans raison valable. Peut-être avais-je connu quelqu’un ayant les mêmes prunelles ? Des fois, il ressortait de mes souvenirs des sensations qui semblaient être miennes autant qu’elles semblaient appartenir à une autre femme en moi. Pour l’heure, je passais sur mes ressentis pour me focaliser sur la réalité. J’entendais ses pas feutrés, il avançait de façon mesurée, pareil à un chasseur. L’étranger s’était arrêté net au son de ma voix, exactement comme si il avait été repéré. Ce n’était là qu’un avis personnel, sans doute étais-je trop paranoïaque. Sa présence derrière moi était presque insoutenable, d’autant plus que j’avais choisi de ne pas le voir. Enfin, il se décida à répondre à ma question, de façon très douce.

« Mon élève. »

Déstresse, Cleirwy, déstresse. . . Tu n’es quand même pas assez bête pour te laisser avoir aussi facilement. Cette élève, ce n’est probablement pas toi. Sauf qu’il ajouta un élément désignant l’élève en question.

« Vous. »

Enfin, je lui fis face, me tournant d'un calme maîtrisé. Je pus voir qu'il souriait de manière aussi douce que le son de sa voix. Il était doué, il savait parler. Et il était séduisant. Un physique charismatique force davantage le respect que celui d’une personne que l’on peut qualifier de laide. Une fois de plus, mes joues s’empourprèrent à la vue de son regard. Oh non, ce n’était pas que j’étais tombée sous le charme. Nanmoins, j’imaginais facilement des femmes pendues à ses lèvres, attendant une parole de lui comme si son son souffle était chargé des fièvres romantiques d’Eros. Pourtant, j’avais le cœur sensible, je m’éprenais facilement, avec à chaque fois cette réticence qui me sauvait souvent de faire des bêtises.

Je replaçai une mèche tombée sur mon visage derrière mon oreille avant de recroiser mes bras, plongée dans un affreux embarras. Les paupières et la tête basse, je cherchais mes mots. Il est vrai que si il avait eu un comportement trop avenant, je n’aurais pas hésité à me soustraire. C’est bel et bien son calme qui me clouait sur place. Toutefois, personne n’est jamais assez doué pour me maintenir trop longtemps. Levant la tête, je pris un ton lourd de sarcasmes pour annoncer :

« Vous faites erreur sur la personne. »

Ô fidèle, fabuleuse, sublime Arrogance ! Toi qui jamais ne me quittes, tu m’emboîtes le pas, me rendant détestable même devant les gentils. Car, hélas, je n’avais pas fini. L’arrogance en question fourcha ma langue, et même si, comme à mon habitude, je ne parlais pas très fort, mes mots n’en sonnèrent pas moins.

« Si il avait fallut vous attendre, je n’aurais jamais pu être aussi douée aujourd’hui. Rendez vous utile ailleurs, auprès des véritables incapables »

Même pour ce bellâtre, ma garde constituée d’un verbe acerbe ne défaillit pas, c’est vous dire si j’étais de bonne compagnie. Et par dessus tout, mon audace ne pouvait se mesurer qu’à mon orgueil, aussi je doutais fâcheusement que quiconque soit en mesure de m’apprendre quoique ce soit, tout simplement car aucun d’entre eux ne comprenait mon affinité avec la Nature, et non avec les bibliothèques ennuyantes, dont rares étaient les ouvrages contenant un semblant de vie. J'aurais du, pourtant, ne pas parler autant. Je négligeais un détail, et même si ma conscience essayait de me le crier, je demeurais sourdes à ses avertissements.
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Merlin d'Avaliron

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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Ven 28 Juin 2013, 14:32

Elle s'était tendue lorsque je m'étais approché. Depuis, je n'avais pas bougé, mes yeux posés sur son oreille au lobe fort charmant, il fallait bien le dire. Je la vis se contracter un peu plus lorsque je lui expliquais la raison de ma présence ici. Elle se retourna au moment même où je prononçais le mot "vous". Je ne pus m'empêcher de sourire devant autant de réaction prévisible. Pas un sourire moqueur, non, j'avais trop peur que ma cible s'enfuit et les perches tendus étaient trop évidente pour qu'elle ne les saisissent pas. Elle devait d'ailleurs s'en rendre compte. Non, je souriais devant cette candeur et se mélange de douceur et de sauvagerie qui habitait chacune de ses réactions. On aurait dit qu'elle marchait sur un fil, une part d'elle impulsive et l'autre mesurée.

Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, les yeux au sol et la tête basse. Je sentais son embarras, elle allait de nouveau fuir. C'est l'arrogance qui l'aida à trouver une contenance puisque d'un ton plein d'orgueil, elle murmura presque :

« Vous faites erreur sur la personne. Si il avait fallut vous attendre, je n’aurais jamais pu être aussi douée aujourd’hui. Rendez vous utile ailleurs, auprès des véritables incapables. »

Elle me regardait droit dans les yeux, les mains posées sur ses avant bras, les bras croisés, le menton trop haut dans son élan de fierté. Elle vit clairement l'étincelle d'amusement qui dansa dans mes prunelles vertes. Cette jeune femme était vraiment d'un orgueil sans borne et je n'étais même pas sûr d'en voir ici ne serait-ce qu'un échantillon de celui ci.

Sa position montrait clairement qu'elle ne souhaitait qu'une chose s'enfuir et non qu'elle était décontractée comme elle semblait vouloir me le faire croire. Je repris la parole toujours sans élever la voix. Comme pour les bêtes, que j'avais l'habitude d'aller voir, j'utilisais un ton bas et amical sans faire de trop grande variation avec mes cordes vocales :

"Voyons, Mademoiselle Cleirwy, tout le monde vous connait ici. Il n'est pas difficile de vous reconnaître avec ses beaux yeux bleus que vous arborez."

Je laissais un silence passer avant de reprendre.

"Cependant, je ne suis pas ici pour vous assommez de préceptes de vieux mages rabougris par le temps et rendu aigris par la solitude. Je venez juste vous proposer une petite discussion, ici ou ailleurs."
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Cordéline Embreis

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MessageSujet: Re: Flash-back : Causette autour de l'eau [ Merlin et Cordéline ]   Dim 08 Déc 2013, 12:32

Je savais bien que mon orgueil était un masque mensonger, mais il m’aidait à tenir tête à n’importe qui, quand bien même j’avais tord - et de toutes façons, j’ai souvent raison, voir presque toujours. Le commun des mortels soupirait et s’exaspérait de mon comportement, si bien qu’il finissait par me délaisser ou s’énerver. Dans les deux cas, je savais très bien m’en remettre et je passais à autre chose avec beaucoup de facilité. Aujourd’hui serait-ce à mon tour de me courroucer ? L’inconnu était sûr de lui de façon sereine et non de façon arrogante, comme je tentai si souvent de l’être. Cela me fâchait et m’intriguait tout autant. Toutefois mes pieds restaient cloués au sol, et mes yeux cloués dans les siens. Je me refusais à lui tourner le dos une seconde fois. Puis je la vis. L’étincelle rieuse qui frétillait dans ses prunelles. Je la vis. Rieuse, pas moqueuse, simplement amusée. J’écarquillais mes propres yeux, surprise qu’il ose avoir tant de liberté à mon égard. Vexée, mon expression étonnée se mua en colère. J’avais à présent les sourcils froncés, les joues gonflées et les lèvres serrées. Ne se démontant pas, il me répondit avec un calme doux et tendre.


« Voyons, Mademoiselle Cleirwy, tout le monde vous connaît ici. Il n'est pas difficile de vous reconnaître avec ses beaux yeux bleus que vous arborez. »

Trop expressive, une fois encore mon faciès changea, et sans plus attendre je cherchais à me cacher. Je rougissais trop pour pouvoir m’assumer, sentant la chaleur me remontée jusqu’à la pointe des oreilles. Mes bras se croisèrent encore davantage, plus comme si je voulais m’enlacer que si j’étais fâchée. Je ne dis plus rien, lui non plus. Je dévisageais ce drôle d’homme, partagée entre la curiosité et la rancœur. Le beau brun avait sans doute beaucoup de facilité à communiquer, particulièrement à séduire. J’espérais qu’il ne soit pas de ces beaux parleurs au discours superficiel, ayant l’air intéressant mais étant vite ennuyant sous la surface.

Un silence passa, durant lequel je cherchais une méchante réplique pour m’en débarrasser une fois pour toute. Malheureusement il m’avait trop perturbée et ma répartie était à plat. Très bien, je pouvais toujours partir sans aucun prétexte, si il connaissait mes beaux yeux il devait bien connaître mon insolence. Je partais pour hausser les épaules et mimer le parfait désintérêt lorsqu’il reprit la parole, neutralisant toute action de ma part avant qu’elle n’eusse commencé.

« Cependant, je ne suis pas ici pour vous assommez de préceptes de vieux mages rabougris par le temps et rendu aigris par la solitude. Je venais juste vous proposer une petite discussion, ici ou ailleurs. »

J’avais écouté sa proposition, j’en examinais même une réponse favorable. Au lieu de quoi, je finis par hausser les épaules, reprenant mon expression de base ; les paupières mi-close et une moue légère. Je ne voyais pas quoi répondre à ça. Les bruits de la forêts soufflèrent jusqu’à l’oreille du jeune mage ; le vent dans les feuilles, la parade du tarier, les bruits furtifs laissant présager un fruit tomber ou le passage d’un animal. . . Je voulais qu’ils les entendent comme je les entends. Puis, comme si je présentais quelqu’un, j’annonçais d’une voix toujours basse mais cette fois sans amertume :

« La Forêt est mon école, ses habitants sont mes professeurs. »

Je changeais facilement de sujet ou je répondais facilement à côté de la plaque, tantôt parce que ça m’arrangeait tantôt parce que je ne voyais pas quoi dire. Plus détendue, j’observais cet étrange interlocuteur. Je ne croyais pas qu’il puisse être enseignant, il était assez jeune malgré la maturité qu’il dégageait, et trop beau pour que j’admette qu’il m’apprenne quoique ce soit ou, à défaut, pour que je puisse me concentrée. Déjà qu’avec des vieux en fin de vie je n’y parvenais pas, je n’imaginais comment c’était concevable qu’un homme avec une voix aussi agréable que son visage arrive à maintenir mon attention plus d’une seconde.

Le peu de confiance que j’avais récupéré s’en allait déjà. Je voulais l’interroger, et bien qu’un flot de questions traversaient mon esprit, ma bouche resta scellée un moment avant que je réussisse à articuler une phrase entière. Je baissais ma tête, regardant mes pieds nus comme si ils étaient d’une exception sans pareille. Mes cheveux retombèrent à nouveau tandis que je le questionnais :

« Qui êtes-vous ? »

Première question, et non des moindres. M’avait-il au moins entendue ? Je pense que cette fois-ci, je ne savais pas si j’avais pensé ou prononcé la question. D’autres encore s’ensuivaient, mais celles-là j’étais sûre de n’avoir pu les dire.
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